vendredi 16 janvier 2015

Kickstarter, un nouveau type de financement

À l'heure où les grandes entreprises dominent tout, un indépendant peut-il se faire sa place ? Tout le monde a des idées, mais peu ont les moyens de les réaliser. Grâce à internet on dispose aujourd'hui d'un immense haut-parleur pour demander de l'aide à la communauté.

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Picsou Magazine
 

La richesse du réseau
Au coin d'une rue ou au bout d'un clic, les mendiants fleurissent. On en distingue deux types : ceux qui ont un ventre à nourrir et ceux qui ont un projet à financer. Ce sont les seconds qui nous intéressent ici, ou plutôt un nouveau mode de publicité qui leur est dédié. Jetez vos cartons ! Le marqueur ne fait pas le biffeton !

Le crowdfunding (ou financement participatif) a connu un essor majeur grâce à internet. Bien avant les nouvelles technologies, des associations qui œuvraient pour la charité récoltaient déjà de l'argent dans leurs tirelires. Avec l'arrivée d'internet se sont développées des plate-formes centralisant les dons et les projets. Les porteurs de ceux-ci peuvent non seulement présenter leurs idées et recevoir l'argent de leurs bienfaiteurs mais aussi répondre à des questions, héberger des vidéos ou encore proposer des contreparties aux donneurs, proportionnellement au montant offert. Par exemple, pour un projet de restaurant de pizzas, le chef offre une pizza à partir de 20$, un menu pour deux à partir de 50$, et le droit de goûter en premier à sa pizza secrète à partir de 1000$.

Du lancement d'une marque de sacs à main à la fabrication d'un déguisement d'Halloween pour son enfant les projets pleuvent, et avec eux des milliards de dollars.

Kickstarter, pionniers du genre
     
Kickstarter est une compagnie américaine de crowdfunding créée en 2009. Elle regroupe presque 200 000 projets dans 15 domaines différents. Ces domaines vont du jeu vidéo au cinéma, de la photographie à la cuisine, ou des nouvelles technologies à la mode.





En 3 ans, Kickstarter a vu la valeur de ses dons se multiplier par cinq, soit 529 millions de dollars en 2014. Ce système de financement a permis de faire naître des projets d'indépendants recherchant un moyen d'alimenter leurs idées. Plus de 77 000 projets sont ainsi financés et réalisés en cinq ans. Il a permis de dévoiler des projets tel que l'oculus rift, l'EyeWritter, le Virtualizer ou encore une combinaison spatiale. Il a su aussi s'imposer dans le domaine culturel, en permettant la création d'un skatepark à Philadelphie, d'une exposition photographique en Afghanistan, 87 projets au Burning Man, le premier hackerspace à Baghdad... Il représente aujourd'hui le financement de 10% des films du festival de Sundance, le principal festival du film indépendant. Il a également permis de réaliser des projets plus inhabituels, comme le premier musée de la pizza au monde, le premier piano à banane (MaKey MaKey), ou l'envoi dans l'espace d'une part de pizza.

Cette dernière catégorie, bien qu'assez amusant, est à l'origine de certaines polémiques, comme l'exemple de la « salade de patate ». Ce « projet » demandait 10$ afin de réaliser une salade de pomme de terre. À l'origine une simple blague, l'auteur s'est retrouvé au final avec 50 000$ de financement, ce qui ne faisait pas rire tout le monde, et a rapidement reçu les avis négatifs sur sa blague.

Parfois l'utilisation de Kickstarter est détourné. A la base une plateforme de financement pour créateurs indépendants, certaines grandes compagnies se servent ce type de financement afin de sortir leurs projets. Comme le cas d'Ubisoft (1ère compagnie de France de jeux vidéo) qui a demandé 30 000$ pour financer l'un de ses jeux.

Le crowdfunding va-t-il rester un moyen de financement propre au secteur de l’indépendant ou va-t-il être utilisé de manière globale par les grandes compagnies ?

Mais...
Kickstarter, comme d’autres, permet le lancement de projets qui n’auraient sans doute jamais vu le jour sans un tel moyen de financement. Mais l’histoire de la soupe à la patate le montre bien, parfois il semble que les gens s’emballent. Donner de l’argent est une mode ? Cependant le principe des contreparties parait un peu étrange. On veut aider ou profiter ? Le remerciement, pourquoi pas, mais ne devrait-il pas être spontané au lieu d’être reglé par les chiffres ? L’échelle le justifie, certes, mais l’idée n’en semble pas plus naturelle.

Passé ce détail, deux aspect cohabitent. D’un côté c’est super, des petits indépendants peuvent se lancer dans des projets qui les font vibrer, peuvent se consacrer à ce qu’ils aiment, et nous faire rêver. De l’autre, toutes ces personnes qui en bénéficient sont sûrement sympas et ont le droit autant que tout le monde d’avoir cet argent, mais ne pourrions-nous pas faire encore plus grand avec d’aussi gros moyens ? Et également, reproduire ce principe à plus petite échelle avec des panneaux de quartiers, sur lesquels présenter nos projets locaux ? Pourrions-nous en arriver ENFIN à une société de dons ? (Et sans contrepartie ?
   
DEBAT : Que vaut le financement participatif ? 
TEC.tv




 Y en a encore plus chez additiverse !

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